samedi 30 juin 2012

Le minitel, c'est fini



Lorsque vous lirez ces lignes, le minitel aura cessé d'exister. Créé il y a un peu plus de 30 ans maintenant, le minitel survivait malgré l'arrivée d'internet et de toutes ses possibilités. Il y a deux ans, le service était encoreutilisé par près de 2 millions de personnes et généré un chiffre d'affaires proche des 200 000 euros. Déjà repoussée plusieurs fois, la fin du minitel a finalement eu lieu aujourd'hui, samedi 30 juin à minuit. 


Retour sur ses débuts. 

Le minitel (Médium Interactif par Numérisation d'Information TELéphonique) est issu des travaux de Bernard Marti et de son équipe dans le cadre du projet « Annuaire Électronique et Minitel » mené de 1979 à 1985. Technologie typiquement française, il a pour objectif initial d'alléger les services de renseignements du 12, et de remplacer la version papier de l'annuaire par une version numérique, et nationale. 

Néanmoins, devant la réticence de la presse qui voit cette nouvelle technologie comme un concurrent, le ministère eut l'idée de proposer d'autres services pour les utilisateurs. C'est ainsi que l'on voit apparaître de nouveaux numéros proposant des fonctionnalités avancées comme la diffusion de petites annonces, ou encore l'utilisation d'une messagerie en ligne. 

Son évolution. 

Les toutes premières versions du minitel ne se composaient que d'un simple terminal accompagné d'un clavier qu'il fallait ensuite relier à sa télévision. Le boîtier était également équipé d'un modem qu'il fallait connecter à sa prise téléphonique afin d'accéder au réseau de l'opérateur historique. Il était alors possible d'accéder aux différents services en ligne via la connexion. 

Les modèles suivants étaient plus aboutis puisqu'ils disposaient d'un écran intégré. D'abord en niveaux de gris avec 8 nuances, l'écran finira par permettre l'utilisation d'une palette de 8 couleurs différentes. Le clavier connaîtra également diverses modifications durant sa vie comme l'ajout des touches Fnct et Ctrl permettant l'utilisation de raccourcis clavier avancés. 

Ses caractéristiques physiques. 

Le minitel a été conçu pour être un dispositif dit passif. C'est-à-dire qu'il ne dispose pas de mémoire de stockage, ou encore de processeur. Il ne peut donc pas effectuer d'opérations de traitement ou de calculs comme un ordinateur, et il doit alors être connecté à un serveur distant pour fonctionner. 

Du côté de son modem, le minitel permet d'obtenir des débits de 1200 bits/s en réception et de 75 bits/s en émission dans tous les premiers modèles. Un des inconvénients de son modem est qu'il est alors impossible de se servir du téléphone lorsque ce dernier est connecté au réseau téléphonique. 


Et maintenant ? 

Après avoir connu son heure de gloire dans les années 1990 avec plus de 25 millions d'utilisateurs et quelque 9 millions de terminaux, le minitel aura finalement tiré sa révérence cette nuit, et aura mis fin à une longue histoire de 30 ans. Le minitel ne fonctionne désormais plus, et si vous en avez toujours un, vous vous demandez certainement ce que vous pouvez en faire. 

Plusieurs solutions sont possibles. La toute première est de le ramener dans une boutique Orange afin qu'il soit tout simplement détruit. Faites attention, seules les anciennes boutiques France Télécom, devenues Orange peuvent le récupérer. Pensez donc à appeler avant de vous y rendre. Si néanmoins vous souhaitez le garder, n'ayez pas peur, Orange ne le réclamera pas. Vous pouvez alors le conserver comme une antiquité, ou lui offrir une seconde vie comme un Linux, en le transformant en télévision, ou en le munissant d'une webcam

Ce soir, 30 juin 2012




La dernière minute comptera 61 secondes. Une façon de permettre au temps universel défini par les horloges atomiques de compenser son avance sur celui rythmé par la rotation de la Terre, bien plus irrégulière.
En “temps universel coordonné” (UTC), aussi appelé à tort GMT, le passage entre le 30 juin et le 1er juillet prochains se fera donc, non pas comme d’habitude à 23h59 et 59 secondes, mais bien à “23h59 et 60 secondes”.

Avant 1972, le “temps était donné par l’astronomie.
C’est-à-dire que pour connaître l’heure, on regardait la position d’un astre, le Soleil ou d’autres objets célestes” par rapport à la Terre, résume Noël Dimarcq, directeur du laboratoire Syrte (Systèmes de référence temps espace) à l’Observatoire de Paris.

“Aujourd’hui, le temps est construit, défini et mesuré à l’aide d’horloges atomiques qui sont infiniment stables par rapport au temps astronomique. Cela permet d’être sûr que tout le monde autour de la Terre a la même heure”, explique-t-il à l’AFP.
Le parc mondial de plusieurs centaines d’horloges utilisé pour définir le Temps atomique international (TAI) mesure en effet des modifications internes intervenant dans les atomes de césium, qui permettent de “découper une seconde en à peu près 10 milliards de petites graduations”. Une précision telle qu’elles n’enregistreraient qu’une “seconde de dérive tous les 300 millions d’années”, souligne M. Dimarcq.
Si le TAI est “une échelle de temps continue”, le temps donné par l’”horloge Terre” est quant à lui beaucoup moins uniforme. La rotation de notre planète est en effet soumise à de nombreux aléas, notamment les marées liées aux effets de la Lune, les variations des vents, etc. Ainsi, un tour de la Terre sur elle-même en août est plus court d’une à deux millisecondes qu’un tour accompli en février.
  Aucun tir de fusée ce jour-là
Pour le commun des mortels, l’opération n’aura pas de répercussion retentissante.
En revanche, les systèmes de haute précision, comme les satellites ou certains réseaux informatiques, devront tenir compte de ce “saut de seconde” sous peine de provoquer un décalage potentiellement catastrophique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle aucun tir de fusée n’est jamais programmé ces jours-là, un décalage aussi infime soit-il risquant de brouiller les calculs.
Jugeant que cette seconde intercalaire est source de perturbations et d’erreurs, certains pays et industriels demandent son abolition pour s’en tenir strictement au temps atomique.